Je me tiens là, de trop, au bord de vos vies, Un bruit en arrière, qu’on oublie, qu’on fuit. Chaque mot que je dis semble peser de trop, Comme si ma présence abîmait tout ce qu’il y a de beau. Alors j’apprends à me taire, à devenir rien, À sourire de loin pour ne gêner personne, pour faire “bien”. Peut-être que vos jours seraient enfin plus clairs, Si je m’effaçais doucement de votre univers. Je me répète en boucle que tout irait mieux, Que vos rires seraient vrais, plus simples, plus heureux. Que sans moi dans le cadre, sans moi dans vos nuits, Le monde tournerait enfin sans ce poids que je suis. Et je me perds dans cette idée qui me ronge, Qui grandit dans l’ombre comme un sombre mensonge. Car même au plus bas, quand tout en moi vacille, Une part de moi crie… mais personne ne l’entend, fragile.