Petite lune tourne dans un monde noir. Petite lune tourne encore et encore, sans lumière pour éclairer sa misérable existence. Petite lune, tapie derrière un monde lumineux, tourne encore, sans but ni fin, comme un dernier supplice. Petite lune se demande quand est‑ce que le soleil viendra. Petite lune se demande pourquoi le soleil est si grand et si lumineux si tout l’univers n’a pas accès à cette lumière. Petite lune cherche un soleil. Petite lune attend le jour, mais ne fait que refléter un éclat : un simple miroir, une hallucination vouée à mourir quand le soir revient. Petite lune cherche un soleil, pour pouvoir briller, recevoir sa lumière, sans la refléter, sans la perdre. Petite lune aimerait être un soleil, au lieu de rester dans l’ombre à se morfondre. Petite lune cherchait un soleil, rien qu’un éclat pour la rassurer. Rien qu’une lumière pour éclairer la nuit sans fin. Mais petite lune trouvera. Petite lune trouvera ce soleil qui brille sans refléter. Petite lune trouvera ce soleil qui éclaire même la nuit. Petite lune espérait trouver ce soleil. Petite lune a trouvé, dans la nuit, une lumière. Une source infinie de bonheur, un rêve éveillé. Une clarté qui ne s’éteint pas, même quand le ciel se referme. Petite lune a trouvé ce soleil qu’elle cherchait. Un soleil qui ne demande rien, qui ne juge pas, qui brille sans l’éblouir, qui éclaire sans disparaître, qui reste, simplement. Petite lune a trouvé sa lumière. Et, pour la première fois, elle ne se contente plus de refléter : elle brille.