Le ciel est mort depuis longtemps déjà, Il ne reste que du noir qui ne finit pas, Un noir épais, qui avale les sons, Qui étouffe les cris avant même qu’ils ne naissent au fond. Je marche ou peut-être que je tombe lentement, Dans un monde figé, sans passé, sans présent, Même le temps semble avoir cessé de fuir, Comme s’il avait lui aussi renoncé à me suivre. Il n’y a plus de chaleur, plus d’air à voler, Même mes pensées semblent se cristalliser, Chaque souvenir devient une lame froide, Qui traverse sans bruit ce qu’il reste de moi. Je ne sens plus mon cœur, ni battement, ni preuve, Juste un vide immense qui s’ouvre et se creuse, Un silence si lourd qu’il brise l’esprit, Un désert sans fin où tout s’oublie. Et si je parle, rien ne répond jamais, Même l’écho refuse de prononcer mon nom, à jamais, Comme si l’univers, dans un accord glacé, Avait décidé… de simplement m’effacer. Alors je reste là, figé dans l’absence, Ni vivant, ni mort, juste en errance, Une forme sans poids, sans but, sans histoire, Perdue pour toujours dans un éternel noir.